"Demain j’étais folle", un ouvrage clé pour la guérison de nombreux patients

, par  Gisèle R. , popularité : 4%

"Demain j’étais folle : Un voyage en schizophrenie" est le témoignage écrit d’Arnhild Lauveng de son propre vécu en tant que psychotique, diagnostiqué avec une schizophrénie pendant de nombreuses années. Aujourd’hui devenu psychologue et se considérant guéris de cette maladie, ses confrères divergent quant à leur opinion sur son état psychique : A-t-elle été réellement schizophrène ? Est-elle toujours schizophrène, rétablis mais avec une "fragilité" ? Est-elle réellement guérit ?
Son histoire raconte une expérience profondément humaine, mais dans un système défaillant.

Dans son livre, Arnhild Lauveng détaille avec précision son vécu dans la schizophrénie et notamment, les rouages psychologiques vécus par rapport à son parcours, qui fait que l’on bascule dans la schizophrénie par rapport à une situation donnée.

Les symptômes sont là : hallucinations visuelles et auditives, délires, auto-mutilations, repli sur soi.
Mais les causes aussi  : A l’école (primaire et collège), de son jeune âge, Arnhild est maltraitée par ses camarades, psychologiquement et plus ou moins physiquement. Railleries, chewing-gum dans les cheveux, mise à l’écart, Arnhild se retrouve isolée malgré la présence d’une amie et se plonge dans ses études.
Cette maltraitance lui donne intérieurement et inconsciemment, l’impression qu’elle doit travailler dur, extrêmement dur pour devoir être une personne de valeur aux yeux des autres, et faire ainsi partie de leur monde.
Cet isolement intense lui donne la sensation de ne pas exister et doute jusqu’alors du fait d’être vivante. Arnhild se sent « morte » intérieurement.
Le rejet des autres a engendré une grande souffrance et même si au lycée, les autres commençaient à s’intéresser à elle, elle ne peut oublier la tristesse et le néant de son vécu et est plongée dans le désespoir.

A cause de cette situation insoutenable, le psychisme vrille progressivement. Selon Erik, un personnage dans l’ouvrage ; Quand les idées, les sensations, les impressions et les connaissances d’un individu représentent trop pour que celui-ci et sa personnalité puisse les traiter, il vaut mieux en transférer une partie sur autre chose, en dehors de soi. C’est ainsi que l’esprit fonctionne : l’esprit se projette, se construit une autre réalité lorsque celle présente devient invivable, insoutenable.


Arnhild Lauveng


Dès lors, l’esprit d’Arnhild se construit le personnage du Capitaine, voix - qui n’est en réalité, que la voix de son propre inconscient - qu’elle entendra pendant de nombreuses années, la poussant jusqu’au delà de ses forces et jusqu’à l’auto-mutilation, pour tenter de parvenir à une certaine perfection. Des hallucinations visuelles, se manifestant souvent à cause de situations qu’elle ne souhaite pas, la pousse à fuir.

Ainsi, Arnhild est hospitalisée pendant de nombreuses années. Ces hospitalisations sur du très long terme lui fait perdre les notions et codes qui régissent les rapports sociaux. Elle est soignée, mais aussi maltraité par certains acteurs de la santé de son pays, la Norvège. Arnhild n’est plus traitée comme une personne faisant partie du groupe humain de la « normalité » mais comme une personne qui n’aurait pas de conscience, ni de ressentis, ni d’émotions aussi valable et important que les êtres humains dit « normaux ». Alors, pendant ses hospitalisations, Arnhild est traitée en tant que tel ; souvent attachée au lit, souvent en chambre d’isolement capitonnée sans ampoule. Les temps où elle n’est pas en chambre d’isolement, les seules relations sociales sont celles avec le personnel soignant avec lequel, les échanges sont souvent peu constructifs. Pendant de nombreuses années, aucune psychothérapie ne sera proposé à Arnhild et aucune discussion constructive sur ses symptômes ou son état général n’est entrepris par le personnel soignant, qui auraient pu permettre de faire évoluer son état vers un mieux être.

Cette maltraitance explique le fait que les symptômes ai duré aussi longtemps. En effet, le patient, en pleine crise psychotique garde intacte ses affects. Le patient ressent les actes, les paroles, les comportements, les situations de façon aussi normale qu’une personne n’ayant aucun symptômes.


Arnhild s’est rétablis. Elle le doit aux « compagnons de voyage », mais aussi et surtout à elle-même. Arnhild n’a jamais perdu de vue le fait qu’elle puisse guérir et réaliser son rêve, devenir psychologue, malgré les dires condamnant et de ce fait traumatisant des psychiatres. Les psychiatres disent à TOUS les patients que la maladie est chronique et à vie. Une vie condamnée à errer sans but, sans projets car une vie flottante au grès des symptômes. Ce qui est faux : un tiers des patients diagnostiqués avec une schizophrénie finissent par guérir. [1]

Les compagnons de voyages d’Arnhild furent les soignants, les proches, les thérapies, et les services sociaux : certains infirmiers, soutient de la famille, ergothérapie, et surtout psychothérapie (en fin de voyage) qui a permis a Arnhild de faire un travail sur elle-même, sur ses traumas originels et pour l’intégration à une vie sociale commune. Les soutients financiers pour les soins et le logement furent aussi indispensable.


Dans son témoignage, Arnhild dénonce d’autres mœurs en psychiatrie dans les systèmes de prises en charge, mais aussi différentes pratiques de stigmatisations. Parmi les types de soins, elle nous fait part de ses réflexions philosophiques et existentielles assez pertinentes pour nous ouvrir les yeux sur les chemins du possible.
Elle décode ses propres symptômes sous différents aspects selon les situations se présentant à elle, dont elle seule en détient la clé, car chaque manifestation symptomatique est propre à chaque patient.


Arnhild a progressivement diminué son traitement médicamenteux jusqu’à l’arrêt total. Elle s’est senti guéris avant de devenir psychologue. Elle connaît les rouages de sa maladie, sorte de déguisement de l’état d’âme qui agît ainsi pour se protéger.

Son expérience et vécu de la schizophrénie est propre à Arnhild mais peut très bien se retrouver chez d’autres personnes.



Son ouvrage est bien plus que porteur d’espoir : il indique les clés nécessaires pour une guérison pour près de 200 000 patients en France et encore bien plus dans le monde.



[1L’enquête de Lausanne a étudié l’évolution des schizophrénies réalisé en 1900, et démontre une évolution positive au rétablissement d’1/3 des patients atteints de schizophrénie.

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